Labels anti-feu M1/M2 : comment les lire pour du mobilier en Suisse
Les mentions M1 et M2 apparaissent encore dans des catalogues de tissus, rideaux, panneaux et meubles destinés au marché professionnel. Elles décrivent le comportement au feu d’un matériau selon un système français, mais elles ne prouvent pas à elles seules qu’un aménagement est conforme en Suisse. La référence suisse n’utilise pas les lettres M : elle classe les matériaux de RF1 à RF4, avec une mention supplémentaire « cr » pour les produits à réaction au feu critique.
Le risque vient du raccourci. « M1 » devient parfois synonyme de « accepté partout », alors que la réalité dépend du produit exact, du rapport d’essai, du support, de l’affectation du bâtiment et de l’autorité cantonale de protection incendie. Cet article explique ce que recouvrent M1 et M2, quelles exigences suisses s’appliquent réellement aux sièges et aux décorations, et quels documents demander avant de signer un devis.
Réponse courte
M1 signifie « non inflammable » et M2 « difficilement inflammable » dans le classement français de réaction au feu, qui va de M0 (incombustible) à M4 (facilement inflammable). Ce classement ne subsiste aujourd’hui que pour les matériaux d’aménagement, dont les modalités sont fixées par la norme NF P92-507 en application de l’arrêté du 21 novembre 2002.
En Suisse, la protection incendie repose sur les prescriptions de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI), déclarées obligatoires par l’Autorité intercantonale des entraves techniques au commerce (AIET) et en vigueur dans tous les cantons depuis le 1er janvier 2015. Les matériaux y sont classés de RF1 (pas de contribution au feu) à RF4 (contribution inadmissible au feu). Une mention M1 ou M2 peut figurer dans un dossier à titre indicatif, mais l’autorité suisse raisonne en catégories RF, en indice d’incendie et en produits inscrits au répertoire de la protection incendie.
Deux règles suisses concernent directement l’ameublement professionnel : les sièges fixes des locaux recevant un grand nombre de personnes doivent être composés de matériaux RF2, les sièges non fixés de matériaux RF3, et les décorations des locaux ouverts au public doivent être RF2, ou RF3 (cr) si le local est équipé d’une installation sprinklers.
Ce que signifient M0, M1, M2, M3 et M4
Le classement M français comporte cinq catégories, de l’incombustible au plus inflammable :
- M0 : incombustible ;
- M1 : non inflammable ;
- M2 : difficilement inflammable ;
- M3 : moyennement inflammable ;
- M4 : facilement inflammable.
La réaction au feu décrit la façon dont un matériau se comporte comme combustible, c’est-à-dire son aptitude à s’enflammer et à alimenter un incendie. Elle se mesure notamment par la combustibilité, liée à la chaleur dégagée par la combustion, et par l’inflammabilité, liée à la quantité de gaz inflammables émise. Les essais sont réalisés par des laboratoires reconnus, en France par des organismes agréés comme le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE).
Il faut distinguer la réaction au feu de la résistance au feu. La résistance au feu mesure la durée pendant laquelle un élément de construction (paroi, plancher, porte) conserve ses propriétés mécaniques, son étanchéité aux flammes et son isolation thermique. Elle se note au niveau européen par les lettres R, E et I suivies d’une durée. Un fauteuil, un rideau ou un panneau décoratif relève de la réaction au feu, pas de la résistance : c’est la première catégorie qui nous intéresse ici.
Depuis l’arrêté français du 21 novembre 2002, le classement M ne s’applique plus qu’aux matériaux d’aménagement. Les produits de construction proprement dits sont classés selon les euroclasses de la norme EN 13501-1. C’est pourquoi une fiche récente peut afficher à la fois une euroclasse pour un panneau mural et un classement M pour un rideau ou une tenture.
Les euroclasses, un système plus fin que M1/M2
Les euroclasses de réaction au feu vont de A1 à F. A1 et A2 désignent les matériaux incombustibles ou quasi incombustibles, B, C, D et E décrivent une contribution croissante au feu, et F correspond à un produit non classé, non testé ou ne satisfaisant pas aux exigences de la classe E. Deux critères complémentaires accompagnent la classe principale :
- la production de fumée, notée « s » (pour smoke), de s1 (production faible) à s3 (production élevée) ;
- la formation de gouttelettes ou de particules enflammées, notée « d » (pour droplets), de d0 (aucune formation) à d2.
Un revêtement classé B-s1,d0 est donc peu combustible, produit peu de fumée et ne projette pas de gouttelettes enflammées. Cette information sur la fumée compte autant que la flamme : dans un incendie de bâtiment public, l’opacité et la toxicité des fumées gênent l’évacuation bien avant que les flammes n’atteignent les occupants. Un simple « M1 » n’en dit rien.
Une troisième famille de critères existe pour les câbles électriques, avec une classification de corrosivité notée a1 à a3 selon l’émission de gaz d’incendie corrosifs. Elle sort du champ du mobilier, mais explique pourquoi certaines fiches techniques mélangent des notations qui semblent hétérogènes.
Des tableaux de correspondance permettent de rattacher une euroclasse à une catégorie M ou à une catégorie RF. Un point mérite d’être retenu : ces tableaux fonctionnent dans un sens, de la classification la plus détaillée vers la plus grossière. Une mention « M1 » seule ne permet pas de reconstituer l’euroclasse complète, ni le comportement du produit vis-à-vis des fumées ou des gouttelettes.
La référence suisse : les catégories RF de l’AEAI
Les prescriptions de protection incendie de l’AEAI constituent la base légale de la protection incendie dans les bâtiments, dans toute la Suisse. La version en vigueur est celle de 2015. Elles ne parlent ni de M1 ni de M2. La directive 13-15, consacrée aux matériaux et éléments de construction, classe les matériaux selon leur réaction au feu en quatre catégories :
- RF1 : pas de contribution au feu ;
- RF2 : faible contribution au feu ;
- RF3 : contribution admissible au feu ;
- RF4 : contribution inadmissible au feu.
À ces quatre catégories s’ajoute la mention « cr ». Sont considérés comme matériaux à réaction au feu critique ceux qui, du fait de la fumée produite, de la formation de gouttelettes ou de particules enflammées, ou de la corrosion, peuvent avoir des effets inacceptables en cas d’incendie. Un produit peut ainsi être classé RF3 (cr) : sa catégorie de base paraît admissible, mais son emploi reste limité.
La directive 13-15 prévoit deux voies de classification. La première suit les normes européennes EN 13501. La seconde suit le système propre à l’AEAI, qui attribue à chaque matériau un indice d’incendie noté x.y : le premier chiffre correspond au degré de combustibilité, le second au degré de formation de fumée. Les degrés de combustibilité admis vont de 3 à 6, la combustibilité augmentant de 6 vers 3 ; les matières classées 1 et 2, qui s’enflamment très facilement ou se consument très rapidement, ne sont pas admises comme matériaux de construction. La densité de fumée se note de 1 à 3, la fumée produite augmentant de 3 vers 1.
Le tableau de correspondance de la directive donne des équivalences concrètes. En euroclasses, RF1 couvre A1 ainsi que A2, B et C combinés à s1 ou s2 et à d0 ou d1. RF2 rassemble les mêmes familles avec une production de fumée s3 ou des gouttelettes d2, plusieurs de ces combinaisons étant marquées « cr ». RF3 couvre les classes D et E. Les produits de classe F ne sont pas admis comme matériaux de construction. Dans le système AEAI, RF1 correspond aux indices 6.3 et 6q.3, RF2 aux indices 5.3, 5.2 et à la variante 5 (200 °C), RF3 aux indices 4.3 et 4.2, avec 4.1 marqué « cr », et RF4 aux indices 3.x. Les indices 1.x et 2.x ne sont pas admis.
Chaque produit reconnu fait l’objet d’une inscription au répertoire suisse de la protection incendie, qui recense les produits et les entreprises spécialisées reconnus par l’AEAI. Les essais doivent être réalisés par des laboratoires accrédités. C’est ce répertoire, et non une ligne « M1 » sur une fiche commerciale, qui sert de référence à l’autorité de protection incendie.
Sièges fixes, sièges mobiles, décorations : ce que la Suisse exige vraiment
C’est ici que la plupart des dossiers d’achat professionnels se perdent, parce que le mobilier n’est pas traité comme un matériau de construction ordinaire.
La directive 14-15, qui règle l’utilisation des matériaux de construction, précise dans son champ d’application que ses dispositions ne concernent pas les objets mobiliers, les décorations et les matériaux utilisés pour les installations techniques. Autrement dit, une table d’appoint, une armoire mobile ou un canapé de hall ne tombent pas sous les exigences générales applicables aux revêtements de parois et de plafonds. Cela n’autorise pas n’importe quoi pour autant, car deux séries de règles spécifiques prennent le relais.
Premièrement, les sièges. La même directive 14-15 prévoit, au chapitre des aménagements intérieurs, que les sièges fixes installés dans les locaux recevant un grand nombre de personnes doivent être composés de matériaux RF2. Les sièges qui se trouvent à l’air libre peuvent être composés de matériaux RF2 (cr). Les bancs et les sièges fixes en bois massif sont autorisés, avec une condition dimensionnelle : une épaisseur d’au moins 18 mm et une section moyenne d’au moins 1000 mm². Enfin, les matériaux des sièges non fixés doivent appartenir à la catégorie RF3.
Cette distinction entre siège fixe et siège non fixé est décisive pour un achat. Une salle de conférence équipée de fauteuils vissés au sol et le même volume équipé de chaises empilables ne relèvent pas du même niveau d’exigence. Beaucoup d’appels d’offres recopient une exigence unique pour tout le lot, ce qui conduit soit à surspécifier des chaises mobiles, soit à sous-spécifier des rangées fixes.
Deuxièmement, les décorations. La directive 12-15, consacrée à la prévention des incendies et à la protection incendie organisationnelle, traite explicitement des décorations dans les locaux ouverts au public. Elles doivent être composées de matériaux RF2, ou de matériaux RF3 (cr) dans les locaux équipés d’une installation sprinklers, et ne doivent pas produire de gouttes incandescentes en brûlant. Les décorations combustibles sont interdites dans les voies d’évacuation et de sauvetage. L’annexe de la directive admet également les décorations en bois massif, par exemple des planches sciées sur toutes les faces d’une épaisseur d’au moins 10 mm, là où des matériaux RF2 sont exigés.
La directive 12-15 pose en outre des règles d’implantation qui n’ont rien à voir avec le matériau lui-même : les décorations ne doivent pas masquer la signalisation des voies d’évacuation, ni les éclairages de sécurité, ni les issues, ni les déclencheurs manuels, détecteurs, extincteurs, postes incendie, sprinklers et installations d’extraction de fumée. Elles ne doivent pas non plus pouvoir s’enflammer sous le rayonnement d’une lampe ou d’un appareil de chauffage. Un panneau textile parfaitement classé placé devant une tête de sprinkler reste un défaut de conformité. Les rideaux et voilages, quand ils font partie de l’aménagement d’un local public, demandent la même vigilance sur leur position que sur leur classement.
Pourquoi une mention M1/M2 ne suffit pas en Suisse
Une fiche indiquant « M1 » renseigne sur un essai français, souvent réalisé sur un matériau seul, dans des conditions précises. Elle ne dit rien de la catégorie RF suisse correspondante, ni de l’affectation autorisée, ni du concept de protection incendie du bâtiment. Les exigences réelles dépendent de l’usage du local (restaurant, salle de spectacle, EMS, école), du nombre de personnes accueillies, de la présence d’une installation sprinklers, de la géométrie des issues et de l’autorité cantonale compétente.
Un fournisseur sérieux doit pouvoir documenter :
- la norme d’essai utilisée (NF P92-507, EN 13501-1, EN 1021 pour les sièges rembourrés) ;
- le laboratoire accrédité qui a réalisé l’essai ;
- la date du rapport ;
- le produit exact testé, avec sa référence ;
- le support ou la composition testée ;
- les limites de validité du classement ;
- les conditions d’entretien qui conditionnent la tenue du traitement ;
- la correspondance avec la catégorie RF suisse et, le cas échéant, l’inscription au répertoire de l’AEAI.
Si seule une ligne « M1 » apparaît dans une fiche commerciale, l’information est insuffisante pour un achat professionnel sensible.
Le cas particulier du mobilier rembourré
Pour un meuble, la situation est plus délicate que pour un panneau. Un tissu classé ne dit pas tout du fauteuil complet : la mousse, la colle, la structure, la couture et la housse modifient le comportement de l’ensemble. Un textile ignifugé monté sur une mousse polyuréthane non documentée peut donner un siège dont la réaction réelle est très différente de celle du tissu seul.
C’est pour cette raison qu’il existe des essais spécifiques aux meubles rembourrés. La série de normes européennes EN 1021 évalue l’allumabilité de l’assemblage réel, revêtement et garnissage combinés, avec deux sources d’allumage : une cigarette en combustion pour EN 1021-1, une petite flamme équivalente à celle d’une allumette pour EN 1021-2. Pour un achat destiné à un espace public, un rapport EN 1021 sur l’assemblage effectivement livré est souvent plus parlant qu’une mention M générique obtenue sur le seul textile.
Le traitement ignifuge lui-même mérite attention. Beaucoup de classements reposent sur un apprêt appliqué en surface, qui peut se dégrader au lavage ou au nettoyage intensif. Un tissu classé à la livraison ne le reste pas nécessairement après plusieurs cycles d’entretien, et l’écart se creuse dans les lieux à forte fréquentation où le nettoyage est fréquent. Si vous envisagez un traitement retardateur de flamme, notre article sur les traitements ignifuges écologiques pour tissu détaille les compromis entre efficacité, durabilité et émissions. Pour l’usage extérieur, le choix des tissus et des mousses est traité dans le guide sur le canapé outdoor tout temps.
Comparaison utile : ce que la France exige pour les sièges
Un acheteur suisse travaillant avec des fournisseurs français rencontre régulièrement des documents qui renvoient à l’article AM 18 du règlement de sécurité contre l’incendie dans les établissements recevant du public. Cet article vise les sièges rembourrés installés en rangées ou fixés au sol, par exemple dans une salle de cinéma ou un auditorium, et renvoie à un essai propre au siège complet, réalisé avec une source d’allumage simulant un bloc de papier enflammé posé sur l’assise, selon la norme NF D 60-013.
En revanche, les sièges amovibles, fauteuils et canapés placés dans un hall ne relèvent pas de cette exigence : le règlement français ne leur impose pas d’essai particulier, et la norme EN 1021 n’y est pas référencée, donc pas exigible réglementairement. Cette asymétrie explique bien des malentendus contractuels. Un fabricant peut affirmer en toute bonne foi que son canapé de hall « est conforme », au sens où aucune exigence ne lui est applicable dans son marché national, alors que l’acheteur suisse cherchait un niveau de performance documenté.
La logique suisse est différente sur un point important : elle raisonne par catégorie RF du matériau et par situation d’installation (siège fixe, siège non fixé, plein air, local avec ou sans sprinklers), plutôt que par un essai réglementaire unique attaché à un type de siège. Les deux systèmes ne se traduisent donc pas ligne à ligne, et un dossier français complet ne remplace pas une démonstration de conformité suisse.
Les pièges fréquents
Tissu testé, fauteuil non testé
Un tissu classé peut être monté sur une mousse non documentée. Le siège complet ne réagit pas forcément comme le textile seul. Exigez un essai sur l’assemblage, idéalement selon EN 1021.
Confondre siège fixe et siège mobile
Les deux catégories ne relèvent pas des mêmes exigences suisses. Précisez dans l’appel d’offres si les sièges seront fixés au sol, installés en rangées solidaires ou librement déplaçables, car le niveau RF attendu en dépend directement.
Produit modifié après l’essai
Une couleur, une finition, une enduction ou une épaisseur différente peut sortir du périmètre de validité du rapport. Un changement de fournisseur de mousse suffit parfois à invalider un classement.
Document ancien ou incomplet
Un rapport sans référence produit précise, sans date ou sans laboratoire identifiable doit être traité avec prudence. Un classement n’a de valeur que rattaché à un essai traçable.
Usage non prévu
Un matériau conçu pour l’intérieur sec ne convient pas forcément à une terrasse, un hall humide ou une zone fortement nettoyée. Les conditions d’exposition modifient la tenue du traitement, et les prescriptions distinguent d’ailleurs les sièges à l’air libre des sièges intérieurs.
Oublier l’installation sprinklers dans le raisonnement
Pour les décorations, la présence d’une installation sprinklers change l’exigence applicable. Une information sur l’équipement du local fait donc partie du cahier des charges, au même titre que la référence du tissu.
Traduction marketing
Des catalogues internationaux mélangent labels français (M1), euroclasses (B-s1,d0), catégories suisses (RF2) et formulations purement commerciales. Demandez le document source et la correspondance officielle vers la catégorie RF suisse.
Ne pas confondre sécurité incendie et émissions
Un classement de réaction au feu ne renseigne pas sur la qualité de l’air intérieur. Un tissu M1 peut émettre des composés organiques volatils ou du formaldéhyde selon son apprêt, et certains traitements retardateurs de flamme posent précisément des questions de composition. Ce sont deux sujets distincts, régis par des logiques différentes. Pour les émissions, référez-vous aux labels dédiés : voir nos articles sur le mobilier sans formaldéhyde, sur les peintures et vernis bas COV et la réglementation suisse et sur les labels éco-responsables du mobilier. Un achat professionnel bien mené vérifie les deux dimensions séparément.
Checklist d’achat
Avant d’accepter un mobilier professionnel annoncé M1 ou M2 :
- déterminez d’abord le statut du meuble : siège fixe, siège non fixé, décoration ou revêtement intégré au bâtiment ;
- demandez le rapport d’essai complet, avec norme, laboratoire accrédité et date ;
- comparez la référence testée avec la référence commandée ;
- vérifiez si l’essai porte sur le matériau seul ou sur le produit complet, et privilégiez EN 1021 pour les sièges rembourrés ;
- demandez la correspondance vers la catégorie RF suisse et, si le produit y figure, son inscription au répertoire de l’AEAI ;
- précisez si le local est équipé d’une installation sprinklers, information qui modifie l’exigence pour les décorations ;
- conservez les fiches dans le dossier de protection incendie du bâtiment ;
- exigez une confirmation écrite en cas de substitution de matière ou de fournisseur ;
- faites valider les cas sensibles par le responsable sécurité de l’exploitation, puis par l’autorité cantonale de protection incendie.
Pour un restaurant, un hôtel, une école, un EMS, une salle de spectacle ou un espace d’accueil, cette vérification doit intervenir avant la signature du devis, et non à la livraison. Les articles consacrés au mobilier pour chambres d’hôtes, au mobilier pour salles d’attente et au mobilier de bureau professionnel abordent les autres critères d’aménagement de ces espaces. Pour la conformité des sièges destinés aux lieux publics suisses, voir aussi notre guide dédié à la norme VKF et au choix d’un fauteuil conforme et l’article général sur les normes anti-feu pour le mobilier professionnel. Un dossier de conformité soigné sert également en cas de sinistre, sujet traité dans notre article sur les assurances qui couvrent vos meubles.
Ce qui change dans les années qui viennent
Les prescriptions 2015 ont fait l’objet d’une révision partielle décidée par l’AIET le 6 mars 2026, qui introduit notamment une interdiction des engins pyrotechniques dans les locaux accessibles au public, entrée en vigueur le 1er avril 2026.
Une refonte plus large est en préparation sous le nom de PPI 2026. Le calendrier communiqué par l’AEAI prévoit une consultation technique de septembre 2025 à janvier 2026, le démarrage des formations en décembre 2025 et une consultation politique d’août à novembre 2026 ; la demande d’entrée en vigueur sera traitée par l’assemblée plénière de l’AIET en mars 2027. L’Établissement d’assurance contre l’incendie et les éléments naturels du canton de Vaud situe l’entrée en vigueur au printemps 2027 et décrit une révision structurée autour de trois approches de conception, prescriptive, fondée sur les performances et fondée sur les risques, avec une terminologie harmonisée et un principe de proportionnalité inscrit dans les textes.
Concrètement, un projet d’aménagement livré aujourd’hui est jugé selon les prescriptions 2015 telles que modifiées. Pour un marché pluriannuel ou un équipement destiné à durer quinze ans, il vaut la peine de demander au fournisseur comment il suivra l’évolution des classifications, et de conserver les rapports d’essai dans un dossier repris tel quel par l’exploitant.
Sources
- AEAI/VKF : prescriptions de protection incendie et répertoire
- Prescriptions de protection incendie AEAI 2015 (site officiel bsvonline.ch)
- Directive de protection incendie AEAI 13-15, Matériaux et éléments de construction (PDF)
- Directive de protection incendie AEAI 14-15, Utilisation des matériaux de construction (PDF)
- Directive de protection incendie AEAI 12-15, Prévention des incendies et protection incendie organisationnelle (PDF)
- AEAI : information sur le calendrier du projet PPI 2026
- DTAP/AIET : décisions relatives aux prescriptions de protection incendie
- ECA Vaud : présentation des futures prescriptions 2026
- Lignum : réaction au feu RF1 à RF4 et mention « cr »
- AFNOR : norme NF P92-507, matériaux d’aménagement, classement selon leur réaction au feu
À retenir
M1 ou M2 reste un indice utile pour comprendre l’origine d’une fiche française et situer un produit sur l’échelle M0 à M4. Pour du mobilier professionnel en Suisse, ce qui compte est ailleurs : le statut exact du meuble, la catégorie RF exigée pour ce statut, un rapport d’essai traçable réalisé par un laboratoire accrédité, un essai d’assemblage pour les sièges rembourrés, l’équipement du local et la validation par l’autorité cantonale. Un fauteuil vissé au sol dans une salle de spectacle, une chaise empilable dans une cafétéria et une tenture décorative dans un hall ne relèvent pas des mêmes exigences, même si le fournisseur leur applique le même argumentaire commercial.