Histoire du design de mobilier suisse : dates, acteurs et sources
Le mobilier suisse n’a pas d’acte de naissance. Il a des dates de corporation, des statistiques de fabriques, des associations fondées en 1913, un label attribué de 1952 à 1968 et quelques objets devenus des références. Cet article reprend cette histoire à partir de sources vérifiables, principalement le Dictionnaire historique de la Suisse, les archives du Schweizerischer Werkbund et les documents publiés par les fabricants eux-mêmes. Vous y trouverez des dates, des chiffres de production, les institutions qui ont structuré la profession et les lieux où voir les pièces originales.
Un avertissement utile avant de commencer : beaucoup de ce qui circule sur le « design suisse » relève du récit commercial. La rigueur, la sobriété et la durabilité sont des arguments de vente autant que des traits historiques. Les paragraphes qui suivent séparent autant que possible ce qui est documenté de ce qui relève de l’image de marque.
Avant 1800 : un métier tardif, encadré par les corporations
La fabrication de meubles est l’un des artisanats les plus tardifs à se constituer en Suisse. Au Moyen Âge, l’ameublement se limite à des pièces simples (lit, table, banc, bahut), parfois encastrées dans les parois de bois, et relève du charpentier. C’est au XVe siècle que des menuisiers spécialisés apparaissent dans les villes, d’abord comme groupes de maîtrise à l’intérieur de corporations existantes : celle des Charpentiers à Zurich, celle des Commerçants à Lucerne.
Au XVIe siècle, les règlements urbains fixent le parcours professionnel : apprentissage de deux à trois ans, tour de compagnonnage, présentation d’un ouvrage de maîtrise. Dès la fin du siècle, la plupart des menuisiers font l’apprentissage mais renoncent au tour, ce qui provoque des scissions internes. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la concurrence est vive entre menuisiers et charpentiers, qui utilisent des outils voisins (hache, scie, rabot) et se disputent les commandes de portes, fenêtres et meubles courants. Les corporations tranchent ces litiges en délimitant les domaines de compétence.
Le terme « ébéniste » apparaît en Suisse au XVIIIe siècle, chez des menuisiers d’art travaillant les bois précieux importés, les placages et la marqueterie pour l’aristocratie et le patriciat urbain. La famille Funk, à Berne, exploite dès 1724 une manufacture d’objets d’art produisant notamment pendules, miroirs et bustes.
Ce que l’on retient parfois comme un « génie helvétique du bois » est donc d’abord une organisation corporative stricte, avec des règles d’accès, des durées de formation et des arbitrages professionnels. Cette structure a laissé une trace directe : le métier de menuisier reste aujourd’hui un apprentissage de quatre ans, complété par cinq années de formation supplémentaire pour accéder à la maîtrise fédérale.
1840-1930 : l’industrialisation, avec des chiffres
Au début du XIXe siècle, le partage tient encore : les menuisiers fournissent les meubles courants, les ébénistes le mobilier précieux. Les manufactures de meubles de luxe, occupant jusqu’à cinquante ouvriers, apparaissent dès les années 1840 à Zurich, Lausanne et Genève. Les véritables fabriques ne se développent qu’à partir des années 1870, portées par le boom des constructions hôtelières.
La production en série mécanisée commence par les sièges, les armatures de meubles rembourrés, le mobilier de bureau et le petit mobilier. Les autres catégories restent du ressort des artisans travaillant sur mesure. Douze fabriques de meubles en gros sont créées avant 1910, six entre 1910 et 1920, six autres entre 1920 et 1930.
Les statistiques fédérales des fabriques donnent l’ordre de grandeur de cette croissance :
| Année | Établissements | Employés | Moyenne par établissement |
|---|---|---|---|
| 1895 | 199 | 3 317 | 16,7 |
| 1901 | 383 | 5 649 | 14,7 |
| 1911 | 698 | 12 500 | 17,9 |
| 1923 | 477 | 8 841 | 18,5 |
| 1929 | 596 | 13 394 | 22,5 |
| 1937 | 646 | 11 121 | 17,2 |
| 1944 | 676 | 13 687 | 20,2 |
| 1949 | 896 | 16 587 | 18,5 |
Les données jusqu’en 1923 incluent les ateliers de modelage, celles de 1929 à 1949 la menuiserie et l’ébénisterie, ce qui explique une partie des variations. Deux facteurs institutionnels ont soutenu l’expansion d’avant-guerre : le protectionnisme douanier de 1903 et les cartels conclus entre fabriques en 1909.
La géographie de la branche est restée dispersée. Les centres régionaux se situent dans les cantons de Zurich, Schwytz, Berne, Vaud, Argovie, Genève et Saint-Gall. Les petites exploitations artisanales s’établissent en ville, à Bâle, Berne, Genève, Lausanne et Zurich, pour rester proches de leur clientèle, tandis que les fabriques s’implantent hors des grandes villes, dans le nord, le centre et l’est du Moyen Pays. En Suisse orientale, la disponibilité d’anciennes fabriques textiles inoccupées a pesé dans le choix des sites.
1913 : deux associations qui structurent le débat
Le tournant institutionnel est daté. Le Schweizerischer Werkbund (SWB) est créé à Zurich au printemps 1913, sur le modèle du Deutscher Werkbund fondé en 1907. À l’automne de la même année, Charles L’Eplattenier fonde à Yverdon L’Œuvre, le pendant romand, dont l’épicentre initial sont les Ateliers d’art réunis de La Chaux-de-Fonds. Le jeune Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier, participe à cette fondation avant de quitter l’association en 1918.
Les deux structures rassemblent un réseau très hétérogène : menuisiers, installateurs sanitaires, photographes, enseignants, artisans et industriels. Leur objectif commun est de faire collaborer l’art et l’industrie pour améliorer la qualité et la compétitivité de la production nationale. Elles lancent en 1914, avec la Fédération des architectes suisses, la revue Werk et le Bulletin mensuel de L’Œuvre. Elles bénéficient de subventions fédérales dès 1925, après qu’un arrêté fédéral de 1917 eut déjà organisé le soutien aux arts appliqués par des expositions, des subventions et des bourses.
Leur désaccord est instructif. Après 1918, L’Œuvre défend une position conservatrice inspirée du modèle français de l’artiste décorateur, tandis que le SWB plaide pour la production en série et la standardisation. Le débat oppose jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale les partisans du Neues Bauen à ceux de l’individualité artistique et du Heimatstil. Les deux camps se rapprochent dans les années 1950-1960. L’Œuvre se dissout à Lausanne le 22 mars 2003, et le SWB crée en 2004 un Werkbund Romandie.
L’écosystème institutionnel est en réalité plus ancien encore : le Musée industriel de Lausanne date de 1862, l’école d’art appliqué à l’industrie de Genève de 1869, le Kunstgewerbemuseum de Zurich de 1875 et la Kunstgewerbeschule de Zurich de 1878. Tous ont été fondés pour rendre les produits industriels indigènes plus compétitifs, pas pour célébrer un patrimoine.
L’entre-deux-guerres : logement social et meubles standard
La misère du logement d’après-guerre oriente le débat. L’Œuvre et le SWB réclament la construction de logements abordables par la standardisation et la production en série. Le résultat le plus visible est le lotissement de Neubühl, à Zurich-Wollishofen, réalisé entre 1928 et 1932 par une équipe qui réunit Max Ernst Haefeli, Werner M. Moser, Rudolf Steiger, Paul Artaria, Hans Schmidt, Emil Roth et Carl Hubacher. Le quartier de la Woba à Bâle, en 1930, relève de la même logique d’immeubles en rangées parallèles.
De ce chantier naît la société anonyme Wohnbedarf, qui inscrit la production et la diffusion de meubles standard durables et abordables dans une réforme plus large du mode de vie. C’est un point souvent escamoté : le mobilier moderne suisse est né d’une politique du logement, pas d’un goût esthétique.
Le parcours de Camille Graeser illustre la porosité entre artisanat, design et art. Né à Carouge en 1892, il fait un apprentissage de menuisier, entre en 1911 dans la classe d’ébénisterie et d’architecture d’intérieur de l’école royale des arts appliqués de Stuttgart, ouvre en 1917 un atelier d’architecture d’intérieur et de design, rejoint le Deutscher Werkbund en 1918 et équipe des villas du quartier du Weissenhof en 1927. Le nazisme met fin à cette carrière : rentré en Suisse en 1933, il ne trouve guère de travail de designer à Zurich et se tourne vers la peinture constructiviste.
Chez les fabricants, la production de sièges de cette période est documentée par les catalogues encore en vigueur. Horgenglarus, active depuis 1880, produit toujours des modèles datés de cette époque : la chaise Classic de 1918, la chaise Haefeli dessinée en 1926 par Max Ernst Haefeli, la Safran de 1930, la Moser de 1931 et la Select de 1934, ces deux dernières signées Werner Max Moser. La continuité de production sur près d’un siècle est un fait vérifiable, plus solide que les discours généraux sur la longévité du mobilier helvétique.
1939-1949 : la chaise Landi, puis la « bonne forme »
L’Exposition nationale de 1939 marque un retour du style patriotique. La chaise en métal léger que Hans Coray développe avec la firme Blattmann pour cette exposition en constitue l’exception notable, et reste l’objet suisse le plus cité de la période.
Après 1945, une institution d’aide au logement est créée pour produire des meubles simples destinés à la reconstruction de l’Europe. Beaucoup de jeunes designers et architectes s’y associent, dont Willy Guhl et Wilhelm Kienzle. Parmi les pionniers du design industriel de ces années, le Dictionnaire historique de la Suisse retient également Hans Hilfiker, auteur de l’horloge de gare, et Hans Bellmann, qui a conçu des lavabos et des robinets mélangeurs. Bellmann est aussi présent dans le mobilier : ses chaises Einpunktstuhl (1951) et GA (1955) figurent encore au catalogue d’Horgenglarus.
En 1949, Max Bill organise pour le SWB la première exposition consacrée à la « bonne forme » (Die gute Form). Le label est ensuite décerné chaque année de 1952 à 1968, à la Foire suisse d’échantillons de Bâle. Le jury évalue des produits industriels : meubles, tapis, luminaires, équipements de bain et sanitaires, articles de ménage et de cuisine, appareils de bureau, matériel radio et sportif, articles de voyage. C’est le premier dispositif suisse d’évaluation systématique du design de série, et il a durablement associé le pays au fonctionnalisme.
Sa fin est aussi documentée que son début. En 1967, l’action « Chair Fun » du SWB, au cours de laquelle Max G. Bollag met aux enchères le soft chair de Susi et Ueli Berger, signale la contestation du dogme fonctionnaliste. Le label est attribué pour la dernière fois en 1968. Dans les années 1970, cette contestation ouvre la voie à un courant maniériste dans le mobilier suisse, et c’est à ce moment que le mot « design » se diffuse largement.
USM Haller : une chronologie précise
Le système de rangement modulaire USM est l’exemple le mieux documenté d’un objet suisse devenu une référence internationale, parce que l’entreprise publie sa propre chronologie.
L’entreprise est fondée en 1885 par Ulrich Schärer à Münsingen, près de Berne, comme atelier de métallurgie et de serrurerie. Elle produit dès 1920 des ferrures de fenêtres à crémone. En 1961, l’ingénieur Paul Schärer junior entre dans la firme et mandate l’architecte Fritz Haller pour concevoir une nouvelle usine. Les deux hommes développent à partir de 1962 un système de mobilier destiné au départ aux seuls bureaux d’USM. La nouvelle usine ouvre en 1965, année où le dessin définitif du système à connecteurs sphériques est arrêté et le brevet déposé. La première grande commande vient en 1969 de la banque Rothschild à Paris, ce qui déclenche la production en série. Le système entre en 2001 dans la collection permanente du Museum of Modern Art de New York.
Ce cas mérite d’être lu à l’envers : le meuble n’a pas été conçu comme un produit, mais comme un équipement interne d’une usine. La modularité vient d’une contrainte industrielle, pas d’une intention stylistique. Si vous vous intéressez aux systèmes contemporains qui en dérivent, voyez notre panorama du mobilier modulable et des marques suisses actuelles.
Le Corbusier : ce que dit la biographie
Le Corbusier est presque systématiquement invoqué dans les textes sur le design suisse, souvent sans dates. Voici ce qui est établi : Charles-Édouard Jeanneret naît le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds et meurt le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin. Il se forme d’abord comme graveur-ciseleur à l’école d’art de La Chaux-de-Fonds entre 1900 et 1904, avant que Charles L’Eplattenier ne l’oriente vers l’architecture. Il participe à la villa Fallet en 1906, construit la Maison blanche pour ses parents en 1912 et la Villa turque pour l’industriel Anatole Schwob en 1917.
Il s’installe définitivement à Paris en 1917 et adopte le pseudonyme Le Corbusier en 1920. Il obtient la nationalité française en 1930. Point important pour le mobilier : c’est son association avec son cousin Pierre Jeanneret, à partir de 1922, qui lui permet de déléguer la gestion des mandats d’architecture et de continuer à peindre, écrire et dessiner des meubles. En Suisse, son immeuble Clarté à Genève (1931-1932) montre comment l’ossature d’acier libère l’espace intérieur.
Rattacher son mobilier au patrimoine helvétique est donc partiellement abusif : les pièces les plus connues ont été conçues à Paris, dans un cadre professionnel français. Ce qui est suisse, c’est sa formation et une partie de ses commanditaires.
Ce que les collections publiques conservent réellement
Pour vérifier par vous-même plutôt que par récit, quelques ordres de grandeur.
Le Museum für Gestaltung de Zurich conserve plus de 580 000 objets, dont environ 75 % d’Helvetica. Plus de 99 % des pièces appartiennent au musée, 1 % sont des prêts permanents. Sa collection d’arts décoratifs compte à elle seule plus de 17 000 objets, et sa collection de design se concentre sur les objets du XXe siècle et contemporains produits en série. L’institution est l’héritière directe du Kunstgewerbemuseum de 1875, dont la collection servait à l’enseignement des arts appliqués.
Le Pavillon Le Corbusier, sur les rives du lac de Zurich, est le dernier bâtiment de l’architecte et le seul en acier et en verre. Il est géré depuis 2019 comme musée public par le Museum für Gestaltung Zürich pour le compte de la Ville de Zurich, ouvert d’avril à novembre, avec une entrée à 15 francs (10 francs en tarif réduit, gratuit jusqu’à 20 ans).
Une précision qui corrige une confusion courante : le Vitra Design Museum, ouvert en 1989 et souvent présenté comme suisse, se trouve à Weil am Rhein, en Allemagne, sur la Charles-Eames-Strasse, à quelques kilomètres de Bâle. Sa proximité avec la frontière ne le rend pas helvétique. Il reste incontestablement l’un des meilleurs endroits d’Europe pour voir des sièges du XXe siècle, mais l’attribuer à la Suisse fausse la lecture.
Importations, exportations et réalité du marché
L’image d’une production nationale dominante ne résiste pas aux chiffres du commerce extérieur. Les importations suisses de meubles passent de 2,3 millions de francs en 1949 à 142,2 millions en 1965, puis à 2 049,3 millions en 1995 et 2 575,9 millions en 2004. En 1965 déjà, les importations dépassaient la moitié de la valeur de la production indigène de meubles en gros, estimée à 250 millions. Les exportations suivent une trajectoire plus modeste : 13,9 millions de francs en 1964, 709 millions en 2004. Seules les années suivant la Seconde Guerre mondiale font exception, la Suisse ayant alors approvisionné les pays limitrophes sinistrés.
L’Allemagne a toujours été le premier fournisseur, devant l’Italie, la France et les pays scandinaves. La distribution reste dominée par de grandes chaînes suisses : en 2008, Pfister exploitait vingt magasins d’ameublement contre sept centres pour IKEA. Pfister, aujourd’hui acteur majeur du marché, était à l’origine un simple magasin écoulant les productions d’ateliers artisanaux bâlois.
Autre évolution matérielle sourcée : après 1950, le plastique, l’aluminium, le verre et l’acier tubulaire commencent à supplanter le bois, et les panneaux d’aggloméré revêtus de placage font largement disparaître le bois massif des meubles courants. Les bois précieux importés (teck, acajou, palissandre, noyer) restent réservés aux pièces de qualité. Si le sujet vous intéresse côté matière, notre guide des essences et de leurs propriétés détaille les usages actuels, et notre article sur les avantages du bois massif suisse précise ce que recouvre réellement cette appellation.
Ce qui a structuré le champ depuis 1987
La période récente est marquée par la multiplication d’institutions plutôt que par une rupture stylistique. Le Dictionnaire historique de la Suisse recense la manifestation Designers’ Saturday à Langenthal depuis 1987, la revue Hochparterre depuis 1988, le prix du design suisse depuis 1991, une section design au sein de l’Office fédéral de la culture depuis 1992, le Forum für Gestaltung de Berne depuis 1998 et le Swiss Design Network, qui coordonne la recherche des hautes écoles, depuis 2004. Les écoles d’arts appliqués sont devenues des hautes écoles spécialisées, ce qui a rapproché la formation de la recherche.
Côté création contemporaine, les catalogues de fabricants permettent de suivre des collaborations datées plutôt que de citer des noms au hasard. Chez Horgenglarus, Hannes Wettstein signe la chaise Miro en 1999, puis les séries Lyra, Matura, Epos et Lounge en 2007, son studio poursuivant après sa mort avec Icon en 2012 et Klio en 2014. Le catalogue compte aussi des pièces d’Annette Gigon et Mike Guyer (2005), de Frédéric Dedelley (2019), de Stephan Hürlemann (2023) et de Herzog & de Meuron (2024). Voir aussi notre sélection de designers de mobilier suisses célèbres et notre panorama du mobilier signature contemporain.
Trois idées reçues à écarter
On lit souvent que le design suisse serait né de la tradition artisanale alpine. Les institutions fondatrices sont pourtant urbaines et industrielles : musées et écoles d’arts appliqués créés entre 1862 et 1878 pour améliorer la compétitivité des produits de série, puis associations de 1913 défendant la collaboration entre art et industrie.
On présente aussi la sobriété helvétique comme un trait culturel constant. Elle correspond à une période précise et à une politique explicite, celle de la « bonne forme » entre 1949 et 1968, contestée dès 1967 par le SWB lui-même. Les années 1970 ont produit un mobilier suisse délibérément maniériste.
Reste l’idée qu’un meuble suisse serait un meuble fabriqué en Suisse. Depuis 1965 au moins, les importations dépassent la moitié de la production indigène en gros, et l’Allemagne demeure le premier fournisseur. La question de l’origine se pose produit par produit, comme nous le faisons dans notre dossier sur le mobilier suisse.
Vérifier soi-même
Trois réflexes suffisent pour ne pas se faire raconter d’histoires. Demander une date et un auteur pour toute pièce présentée comme un classique : les fabricants sérieux les publient, comme le montre le catalogue daté d’Horgenglarus ou la chronologie d’USM. Distinguer le lieu de conception du lieu de production, particulièrement pour les objets liés à Le Corbusier ou au Vitra Design Museum. Consulter enfin les collections publiques, dont l’inventaire est en ligne, plutôt que les pages « héritage » des marques.
Si vous cherchez à comprendre comment ces objets se fabriquent aujourd’hui, notre article sur le dialogue avec un ébéniste décrit le déroulement d’une commande sur mesure. Pour l’acquisition de pièces anciennes, voyez où chiner du mobilier vintage en Suisse. Et pour les influences croisées, notre comparaison avec le design italien et le Bauhaus complète le tableau.
Sources principales
- Eva Gerber, « Design », Dictionnaire historique de la Suisse, version 2000 remaniée le 20 mars 2015 : hls-dhs-dss.ch/fr/articles/011172
- Anne-Marie Dubler, « Industrie du meuble », Dictionnaire historique de la Suisse, version 2005 remaniée le 10 novembre 2009 : hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013990
- Daniela Ball, « Œuvre (OEV), L’ », Dictionnaire historique de la Suisse, version 2008 remaniée le 25 septembre 2014 : hls-dhs-dss.ch/fr/articles/015205
- Pier Giorgio Gerosa, « Le Corbusier », Dictionnaire historique de la Suisse, version 2006 remaniée le 18 mars 2009 : hls-dhs-dss.ch/fr/articles/019085
- Rudolf Koella, « Graeser, Camille », Dictionnaire historique de la Suisse : hls-dhs-dss.ch/fr/articles/022023
- Schweizerischer Werkbund, page « Geschichte » : werkbund.ch/werkbund/geschichte
- USM, chronologie d’entreprise : usm.com
- Horgenglarus, catalogue de chaises daté : horgenglarus.ch
Les contenus du Dictionnaire historique de la Suisse sont publiés sous licence Creative Commons BY-SA. Les chiffres de fabriques proviennent du Handbuch der schweizerischen Volkswirtschaft (vol. 1, p. 643) d’après les statistiques fédérales des fabriques, cité par le DHS.